Le cancer de la prostate

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La surveillance active

Le principe de la surveillance active est de ne pas traiter dans l'immédiat des cancers de la prostate ayant un faible risque d'évolution, mais de les surveiller de près et de ne traiter qu'en cas d'évolution ou de demande du patient.

Quand est-elle indiquée ?

Il s'agit d'une option thérapeutique pour les patients à « faible risque » selon les critères de d'Amico mais il n'existe pas de consensus précis pour recommander ou proposer une surveillance active. Cependant les critères principaux retenus sont :

Afin de sélectionner au mieux les patients ayant une tumeur de faible risque, le bilan peut être complété, par certaines équipes, par une IRM de prostate +/- une 2ème série de biopsies de prostate de confirmation.

Cette option thérapeutique permet de sélectionner au mieux les patients ayant une tumeur agressive et nécessitant un traitement et de surveiller ceux ayant un cancer non ou faiblement évolutif pour diminuer le risque de complications, en particulier incontinence urinaire et impuissance.

Comment cela se déroule-t-il ?

La surveillance active repose sur un toucher rectal (tous les 6 mois à 1 an), un dosage du PSA (tous les 3 à 6 mois) et la réalisation régulière de biopsie de prostate (tous les 1 à 2 ans) afin d'évaluer le nombre de biopsies et l'agressivité du cancer (score de Gleason). L'imagerie (IRM) n'est pas obligatoire actuellement dans le suivi. L'IRM avec biopsies ciblées diminue le risque de reclassification biopsique au cours du suivi en améliorant l'évaluation pronostique initiale.

Un traitement est proposé en cas de demande du patient ou de tumeur ne répondant plus au critère de sélection (PSA > 10 ng/ml, score de Gleason ? 7, nombre de biopsies positives ?  3, pourcentage de longueur de biopsie envahie ? 50 %).

Quels sont les effets attendus et les effets indésirables ?

L'effet secondaire de cette surveillance active est essentiellement psychologique. En effet, les patients peuvent être gênés à l'idée de penser qu'ils ont un cancer que l'on ne traite pas.

Il n'existe pas de perte de chance en termes de données tumorales (taux de dépassement capsulaire, taux de marges chirurgicales positives, risque de récidive biologique) pour les patients si on le traite lors du diagnostic ou après une période de surveillance active après une évolution tumorale. Il n'existe pas non plus de risque de dissémination tumorale ou de trouble de l'érection par la répétition des biopsies.

Pour aller plus loin

Une étude canadienne menée sur 450 patients sous surveillance active a mis en évidence un taux de patients restant sans traitement de 66 %, ainsi qu'un taux de survie spécifique à 10 ans de 97,2 %.

Une étude britannique menée auprès de 1 643 patients issus du registre ProtecT (Prostate Testing for Cancer and Treatment) composé d'hommes âgés de 50 à 69 ans, a présenté des résultats similaires avec un taux de survie à 10 ans de 98,8 %. Aucune différence n'était observée entre la surveillance active, la prostatectomie radicale ou la radiothérapie : les chances de survie étaient les mêmes à 10 ans, quel que soit le traitement initial. Toutefois, bien que les résultats aient montré que les hommes sous surveillance active étaient plus nombreux à avoir développé des métastases ou à avoir vu leur cancer progresser, elle permet de leur éviter les conséquences et les effets secondaires des traitements par chirurgie ou radiothérapie et de préserver leur qualité de vie pendant un temps donné.


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