Le cancer de la prostate

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L’hormonothérapie

Hormonothérapie : un homme mature reçoit un traitement sous forme d'injection sous-cutanée

L'évolution naturelle d'un cancer de la prostate est la plupart du temps relativement lente et elle est hormonosensible. Cela signifie que les cellules cancéreuses ont besoin de testostérone dans leur environnement pour survivre. La suppression de la testostérone dans l'organisme prive donc les cellules tumorales de cet élément indispensable pour évoluer et grossir.

La testostérone est une hormone stéroïdienne (dérivée du cholestérol) appartenant au groupe des androgènes. Elle est essentiellement sécrétée au niveau des testicules et elle présente un rôle anabolisant sur différents organes.

Elle joue ainsi un rôle important sur la santé et le bien-être des hommes :

La suppression de la testostérone dans l'organisme à visée thérapeutique entraîne naturellement certains dérèglements qu'il convient de surveiller afin de mieux les prévenir.

Quand est-elle indiquée ?

Lorsque le cancer est confiné à la glande prostatique, la prise en charge optimale consiste en un traitement localisé par chirurgie (prostatectomie radicale) ou par radiothérapie. Par contre, lorsque le cancer commence à envahir les régions périphériques de la prostate ou lorsqu'il diffuse dans le reste de l'organisme (stade métastatique), l'hormonothérapie est le traitement standard de première intention (injections mensuelles, trimestrielles ou semestrielles). En fonction de votre situation, une hormonothérapie peut être indiquée seule, ou en complément d'un autre traitement.

Il existe une seconde génération d'hormonothérapie qui trouve sa place chez les patients métastatiques dont certaines cellules cancéreuses deviennent résistantes aux hormonothérapies classiques dite de première génération. Ces traitements, associés ou non à une chimiothérapie, se prennent par voie orale en prise quotidienne.

Comment cela se déroule-t-il ?

La suppression de la testostérone peut se faire par une castration chirurgicale (pulpectomie) ou bien par des médicaments qui entraînent de manière directe (anti-androgène) ou indirecte (analogues ou antagonistes de la LH-RH) la baisse de testostérone dans l'organisme. Dans certains cas, elle peut être temporairement associée à des traitement curatifs pour augmenter les chances de guérison.

Quels sont les effets attendus et les effets indésirables ?

Cependant, ce traitement présente un certain nombre d'effets secondaires qui nécessitent une attention particulière afin de pouvoir les prévenir ou les traiter lorsqu'ils apparaissent.

Bouffées de chaleur

Les bouffées de chaleur sont associées au déséquilibre hormonal instauré par l'hormonothérapie. Il s'agit de l'effet secondaire le plus fréquent. Elles apparaissent environ 3 mois après l'instauration du traitement et peuvent perdurer sur le long terme impactant potentiellement la qualité de vie des patients. Ces effets secondaires peuvent être traités dans le cadre d'une prise en charge spécialisée :

Fonctions sexuelles

La baisse de la libido et les troubles de l'érection sont des complications classiques de l'hormonothérapie. La prise en charge est non spécifique. Il est cependant recommandé de faire le point avec son médecin sur les fonctions sexuelles antérieures à l'instauration du traitement et sur les objectifs personnels en termes de sexualité. Cette baisse de la fonction sexuelle peut être atténuée par le choix de la classe de médicaments ou bien par l'instauration d'un traitement hormonal intermittent.

Déminéralisation osseuse et risque de fractures

Les patients traités par suppression androgénique présentent une perte osseuse de 5 % par an soit 10 fois plus que la déminéralisation naturelle des patients du même âge. Le risque principal est la fracture osseuse. Les sites les plus fréquemment atteints sont la hanche, le poignet et les vertèbres. Certaines règles permettent de limiter ce risque de fractures :

Syndrome métabolique, diabète et risques cardio-vasculaires

De nombreuses études ont rapporté une augmentation des risques cardio-vasculaires chez les patients traités par hormonothérapie. Parmi ces différents facteurs, il faut citer le risque accru de diabète et le syndrome métabolique qui comprend : obésité (augmentation du tour de taille), hypertension artérielle, hyperglycémie, hypercholestérolémie. Cependant, malgré un risque accru d'infarctus du myocarde et de maladies cardio-vasculaires, le risque de décès par maladie cardio-vasculaire ne semble pas augmenté.

Certaines règles permettent de limiter ce risque :

Des effets indésirables de nature différente peuvent apparaître avec l'hormonothérapie de seconde génération. Indiqués en seconde ligne de traitement (en cas de résistance aux hormonothérapies de 1ère génération), ces traitements peuvent induire également des infections du système urinaire, une rétention d'eau dans les jambes ou les pieds, un faible taux de potassium, une fatigue, des maux de têtes ou encore des diarrhées.

Pour aller plus loin

Le traitement hormonal peut impacter la qualité de vie globale (altération du fonctionnement émotionnel, fatigue, stress, ralentissement psychomoteur, altérations cognitives). Ces manifestations d'ordre général peuvent être gérées par des mesures non spécifiques. Par ailleurs, une étude récente a montré qu'un traitement hormonal intermittent, dans certaines conditions, permettait un meilleur contrôle de ces manifestations sans altérer le pronostic du cancer de la prostate. Il est important de noter que la fatigue peut être associée à une anémie liée à la diminution de production érythropoïétine. Cette anémie sera dépistée sur une simple prise de sang et pourra, en cas d'altération de la qualité de vie, être prise en charge par des injections d'érythropoïétine sur décision médicale.


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