Le cancer de la prostate

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Quelle vie sexuelle après le traitement ?

Meilleure est la qualité de vos érections et de votre relation de couple avant le traitement, plus il sera facile de retrouver une vie sexuelle satisfaisante.

Après une curiethérapie

Après curiethérapie, une dégradation brutale et définitive de la fonction érectile peut survenir chez près d'un homme sur cinq. Environ 25 à 50 % des patients souffrent d'une dégradation progressive de la qualité de leurs érections au cours des 2 à 3 années qui suivent le traitement alors que 30 à 50 % des patients conservent une fonction érectile spontanée compatible avec une activité sexuelle satisfaisante. Globalement, un quart des hommes qui ont une fonction érectile normale avant la curiethérapie ont une chance de la conserver dans les 7 ans qui suivent. Cela signifie que beaucoup de patients vont être concernés par des problèmes d'érection.

Par ailleurs, la grande majorité des hommes voit disparaître progressivement les éjaculations et s'altérer la qualité des orgasmes avec le temps, ceux-ci pouvant devenir douloureux dans certaines cas.

Après une radiothérapie

Seulement un quart des hommes ayant une fonction érectile normale avant la radiothérapie a une chance de la conserver 5 ans après. La dysfonction érectile se stabilise par la suite et concerne un patient sur deux en cas de radiothérapie seule, et plus de 70 % des hommes lorsqu'une hormonothérapie temporaire est associée. Dans ce dernier cas, des troubles du désir s'ajoutent aux problèmes d'érection et d'orgasme et ne sont pas toujours régressifs à l'arrêt de l'hormonothérapie.

Par ailleurs, la grande majorité des hommes voit disparaître progressivement les éjaculations et s'altérer la qualité des orgasmes avec le temps.

Après une prostatectomie totale

L'ablation complète de la prostate peut entraîner celle de nerfs sectionnés lors de l'opération, d'où une insuffisance d'érection, ceci dans 60 à 90 % des cas selon l'âge. Les patients jeunes conservent plus facilement une érection que les patients âgés. La dysfonction érectile est post chirurgicale et brutale, mais peut s'améliorer souvent de façon très lente (jusqu'à 2 ans après).

Vouloir conserver à tout prix des fibres nerveuses n'évite pas l'insuffisance érectile, qui peut atteindre 30 % chez les patients de moins de 60 ans et 70 % chez ceux de plus de 70 ans.

Cette dysfonction érectile peut s'améliorer dans le temps, d'autant plus si la prise en charge de ce problème est précoce, si le sujet est jeune et enfin si la sexualité était satisfaisante avant la chirurgie. Une bonne entente, générale et sexuelle, dans le couple est également un facteur de bonne récupération.

La prostatectomie s'accompagne d'une absence d'éjaculation. En effet, le sperme étant essentiellement constitué des sécrétions de la prostate et des vésicules séminales, l'ablation de celles-ci va provoquer l'absence de fabrication du sperme. Par contre, l'orgasme est conservé. C'est la fertilité, plus que la sexualité, qui est concernée : envisager une conservation de sperme en préambule de l'intervention est tout à fait possible.

Par ailleurs, des pertes involontaires d'urine lors de l'orgasme sont parfois décrites.

Après des Ultrasons Focalisés de Haute Intensité (HIFU)

Une altération des érections est prévisible chez plus de la moitié des patients traités par HIFU et les troubles de l'éjaculation et de l'orgasme fréquents.

Après un traitement hormonal

Le traitement hormonal (blocage androgénique) a pour but de supprimer la sécrétion de testostérone. La testostérone est une hormone très importante pour l'homme : elle a un impact sur la fonction sexuelle, l'état général et le cerveau.

Le blocage androgénique est ainsi responsable de modifications corporelles : perte de la masse musculaire aux dépens de la masse grasse, diminution de la taille du pénis et des testicules, gonflement des seins, perte de la pilosité, bouffées de chaleur. Les troubles psychologiques sont également fréquents (irritabilité, tendance dépressive, troubles du sommeil). Enfin, les fonctions sexuelles sont touchées : la diminution du désir sexuel est le symptôme le plus évident mais la qualité des érections est toujours altérée ainsi que la qualité de l'orgasme et de l'éjaculation.

Même de durée temporaire (6 mois à 3 ans), la suppression androgénique peut avoir des effets définitifs sur la sexualité. Les conséquences sexuelles sont plus importantes lorsque le traitement hormonal est associé à une radiothérapie ou une curiethérapie.

Que faire pour préserver sa sexualité après… ?

Prendre son traitement pour préserver sa sexualité

Après une prostatectomie totale avec préservation nerveuse totale ou partielle

Malgré la préservation des nerfs, il est quasiment impossible d'avoir une érection normale peu après la prostatectomie. Afin de se donner les meilleures chances de récupération de la fonction érectile, il faudra l'entretenir. En effet, en l'absence d'érection, les corps caverneux dont la structure est comparable à une éponge, ont tendance à se rétracter. Il faut donc continuer à avoir des érections, même en dehors d'une vie sexuelle. Pour cela des médicaments seront prescrits : par voie orale ou par voie locale (injection dans les corps caverneux ou application intra-urétrale). Dans certains cas, un dispositif médical sera aussi prescrit : le vacuum.

Les protocoles varient selon les équipes et il est difficile de savoir durant combien de temps il est nécessaire de prendre un traitement, la récupération pouvant être très lente (jusqu'à 2 ans). Il est donc conseillé d'intégrer les prescriptions à la vie de couple et de continuer à avoir une vie sexuelle la plus régulière possible. Pour cela, vous aurez besoin de votre partenaire, qui doit vous aider à entretenir votre libido. Une vie sexuelle très satisfaisante est possible avec un traitement à visée érectile. Vous devrez apprendre à vous en servir pour l'intégrer au mieux à une vie sexuelle qui se doit de rester la plus spontanée possible.

Après une prostatectomie totale sans préservation nerveuse

Le raisonnement est le même qu'il s'agisse d'une prostatectomie avec ou sans préservation nerveuse : il faut continuer à avoir des érections pour entretenir la fonction érectile et il faut conserver une vie sexuelle. Dans ce cas, les traitements par voie orale sont rarement efficaces et le traitement de référence est l'injection intra-caverneuse. Ce traitement pourra être envisagé à très long terme, parfois à vie. Une solution chirurgicale avec la mise en place d'implant péniens pourra être proposée en cas de non récupération avérée.

Après une radiothérapie sans blocage hormonal

La fonction érectile se dégrade de manière plus tardive en général avec ce type de traitement. Ceux par voie orale sont souvent efficaces dans un premier temps mais le recours aux traitements locaux est fréquent par la suite.

Après un blocage hormonal temporaire ou intermittent

L'hormonothérapie consiste à bloquer la sécrétion de testostérone, principale hormone de la vie sexuelle : elle agit sur le désir et est importante pour que des érections soient possibles. Un blocage temporaire peut affecter durablement la qualité de vie sexuelle. Une prise en charge sexologique aidera à contourner ces difficultés, en permettant d'avoir des érections mais surtout de maintenir une vie sexuelle malgré l'absence de pulsions. Ceci implique souvent une prise en charge de couple.

Après un blocage hormonal permanent

Les conséquences de ce type de traitement vont bien au-delà de la fonction sexuelle : fatigue, prise de poids, déprime… L'accompagnement psycho-sexologique est important et sera adapté à la personne et à son couple, tous les patients ne rencontrant pas exactement les mêmes effets indésirables.

 


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