Le cancer de la prostate

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L’’incontinence urinaire

Qu'est ce que l'incontinence urinaire et comment y remédier

L’incontinence est la séquelle la plus appréhendée par les patients, devant les troubles de l’érection. En effet, c’est un trouble qui altère fortement la qualité de vie et qui peut perturber le quotidien. Les facteurs qui vont déterminer la survenue d’une incontinence urinaire sont principalement votre âge et l’opération en elle-même. Après une prostatectomie totale, l’incontinence urinaire permanente et définitive est observée chez moins de 3 % des patients. Le plus souvent, les fuites sont limitées lors d’efforts particuliers (port d’une charge, toux, course, saut, etc.). Il faut savoir que l’incontinence s’améliore au cours du temps et il est recommandé d’attendre 3 à 6 mois avant d’envisager un traitement spécifique. La technique de choix pour réduire les troubles de la continence est la rééducation pelvi-périnéale. Elle est souvent réalisée avec un kinésithérapeute.

A quoi cela sert-il ?

La kinésithérapie par rééducation pelvi-périnéale est destinée à renforcer l’action des muscles du plancher pelvien après la prostatectomie, qui jouent alors un rôle majeur pour maintenir la continence.

La rééducation pelvi-périnéale par kinésithérapie spécialisée semble accélérer la régression de l’incontinence après prostatectomie, sans prétendre guérir les symptômes, en particulier les plus sévères. L’utilité des exercices de kinésithérapie avant la chirurgie est débattue ; elle ne semble pas prévenir l’incontinence post-prostatectomie mais peut préparer le patient à travailler en postopératoire si besoin. En revanche, si un patient n’a jamais tenté la rééducation après la chirurgie, elle semble être bénéfique même plusieurs années après.

En quoi cela consiste-t-il ?

Le principe des exercices est de renforcer les muscles du pelvis pour faire « barrage » aux fuites lors des efforts.

La première étape pour le patient est de localiser ses muscles pelviens. Les muscles mis en jeu sont ceux que le patient ressent lorsqu’il essaie d’arrêter son jet d’urine pendant la miction. Cet exercice permet donc utilement de « ressentir » le travail de contraction.

Le travail consiste alors à réaliser des exercices dits de « Kegel », en contractant ces muscles pendant 5 secondes, puis de les relâcher, et ainsi de suite (un moyen mnémotechnique est utile pour compter les 5 secondes). Lors des séances de kinésithérapie, il est nécessaire de répéter les exercices quelques dizaines de fois. Pendant ces exercices, le patient ne doit pas se retenir de respirer, ni contracter ses muscles de fesses ou de l’abdomen. La relaxation de ces muscles entre les exercices est indispensable.

La valeur ajoutée d’une supervision par un kinésithérapeute est notamment utile quand le patient n’a pas une perception adéquate de ses muscles et est donc incapable de réaliser les exercices. L’apport de l’utilisation d’un biofeedback (ou « rétrocontrôle »), censé informer le patient sur l’efficacité de ses exercices, est débattue et n’a pas fait la preuve formelle de son efficacité.

Ces mouvements de rééducation doivent être quotidiens. Ils permettent d’améliorer progressivement le contrôle du sphincter et de limiter l’incontinence.

Il se peut que les fuites restent importantes après une prostatectomie et malgré une rééducation du sphincter. Dans ces cas, des traitements complémentaires peuvent être proposés, comme des injections péri-urétrales, la pose de bandelettes sous-urétrales ou d’un ballonnet, ou encore la mise en place d’un sphincter artificiel. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à discuter avec votre urologue qui envisagera le traitement le plus adapté à vos symptômes.

 


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